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Showing posts from August, 2017

The Princesse de Guermantes Listens to Einstein

 The Princesse de Guermantes Listens to Einstein Let us return once more to Einstein’s visit to Paris in the spring of 1922, and let us no longer concern ourselves with Henri Bergson, but with his cousin, the writer Marcel Proust. Indeed, like his cousin Bergson, Proust had centered his entire work on the concept of time. However, in contrast to Bergson, his understanding of time, far from being opposed to that suggested by Einstein’s theory, was remarkably similar. Some of Proust’s readers, misled by the general title of his masterpiece,  La Recherche du Temps Perdu (In Search of Lost Time ), think that Proust’s understanding is that of a time inexorably passing, which mankind can only nostalgically observe in its irreversible flight. In reality, however, this work is suffused with the idea that the passage of time is only an illusion, and moreover that, on rare occasions, a human being can have access to the “per...

Proust comique

LE SENS DU COMIQUE DANS L'ŒUVRE  DE MARCEL  PROUST  (1)  UNE fois par siècle, au moins, la postérité révise  ses jugements et remet toutes les gloires en ques-  tion. Jusqu'à cette prochaine révolution générale  des valeurs, les livres de  Proust  occuperont sans  doute dans la littérature une place plus importante  encore que celle d'aujourd'hui. A l'heure actuelle, le  recul du temps agrandit cette œuvre, qui ne cesse de  nous étonner. Nous ne nous arrêtons pas de la découvrir.  Marcel  Proust,  auteur comique ! Voici une source nou-  velle de remarques et de réflexions. Certes, bien des passages  dans les livres de  Proust  m'avaient fait sourire dès ma  première lecture. Mais ils étaient aussitôt oubliés ; l'émo-  48 MARCEL  PROUST tion m'entraînait plus loin, emplissait toute entière ma conscience. Ils m’ apparaissaient comme quelques moments imp...

Camille Vettard : PROUST ET EINSTEIN

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C. V. Nouvelle Revue Française du 1 er août 1922 1. PROUST ET EINSTEIN Nous avons reçu la lettre suivante de M. Camille Vettard, qui rédigea avant la guerre la chronique des romans dans la Nouvelle Revue Française : Mon cher Rivière, Je lis aujourd'hui seulement dans la Nouvelle Revue Française du 1 er juin l'article sur Sodome et Gomorrhe ou Marcel Proust moraliste, dans lequel M. Roger Allard fait allusion à la comparaison que « certains critiques » auraient faite de l'œuvre de Proust avec celle d'Einstein... Je ne connais pas ces critiques (au pluriel;, et M. Roger Allard ne les connait, semble-t-il, que par ouï-dire (« il parait, écrit-il, que certains critiques ont comparé l'œuvre de Proust à celle du savant allemand »). Mais je me suis plu moi-même à ce rapprochement des noms de Proust et d'Einstein, et, dans une dédicace à l'auteur de Swann et des Jeunes Filles en fleurs, — qui est encore inédite mais qui n'est pas inconnue...